Lectures juin-juillet-août 2021

Pour quelqu’un qui envisageait son chômage comme l’occasion de se cultiver, c’est cramé. Aussi cramé que la friche du voisin que je m’étais – également – promis de cultiver, mais que j’ai abandonnée après qu’elle ait fini deux fois brûlée : par le soleil de la saison sèche, et par le feu de plusieurs écobuages. Plutôt que les 1 à 2 livres par semaine (!) que je m’étais imaginée lire une fois débarrassée du travail, cet été en trois mois (juin-juillet-août) j’ai lu en tout et pour tout… 6 bouquins. Vous me direz qu’il n’est pas nécessaire d’appliquer une logique productiviste aux lectures. C’est vrai. Mais il y a tellement de choses à lire, et sur lesquelles se renseigner ! Ah ? Serait-ce un relent nauséabond de FOMO (Fear of missing out), concept commercial découvert dans l’ouvrage n°3 présenté ci-dessous ? Peut-être, auquel cas je vais devoir me faire une raison : impossible de lire tous les livres existants en une vie. Mais il n’y a pas que la FOMO : m’imposer une « discipline » de lecture vient tout d’abord de la nécessité que j’ai d’approfondir des sujets qui m’intéressent, et représente un moyen d’organiser ce temps qui n’est plus cadré par les horaires du travail salarié. (#chômage)

D’ailleurs, j’aimerais m’astreindre à rédiger des fiches de lectures pour chacun des ouvrages dans lesquels je me suis plongée, à la fois pour en garder un souvenir et noter les idées que j’en ai tiré… si je ne suis pas trop fainéante (vu le nom de ce blog c’est mal parti), vous en entendrez parler !

Quant à la « flemme » (ou plutôt, réticence à lire plus) qui s’est présentée à moi, elle tient surtout du fait que je n’ose pas soulever la couverture d’un nouveau roman tant que je n’ai pas digéré le précédent. Je ne veux pas sauter du coq à l’âne, et d’un sujet à l’autre, aussi facilement. Peut-être que j’organiserai les mois suivants en grands thèmes de lectures.

/!\ Petit disclaimer anti-élitiste /!\ : Pendant longtemps, je me suis pourrie la vie à vouloir à tout prix lire de la « vraie » littérature… jusqu’à complètement me dégoûter des livres. Aujourd’hui, je lis de tout et mon seul crédo est : s’il y a des œuvres plus ou moins bien ficelées, il n’y a pas de sous-culture et le plus important est de ressentir une, des émotions, quelle(s) qu’elle(s) soi(en)t. À ce même sujet : les notes renseignées sont complètement subjectives, sur la seule échelle qui permette de faire se côtoyer des contes pour enfants et des essais politiques : le plaisir tout personnel que j’ai eu à les lire. /!\

PASSONS (ENFIN) AUX LIVRES :

1-2 : King of Scars, duologie de romans fantasy young adult, de Leigh Bardugo. Note : 3/5. L’histoire : À la tête d’un pays divisé et ruiné par des années de guerre, un jeune roi va devoir unir son peuple, tout en combattant la malédiction qui le ronge. (Mouais, je vends pas super bien le truc). Ces romans, qui font suite à la duologie Six of Crows/Crooked City que j’avais adorée, et à la trilogie Grishas que j’avais bof appréciée, combinent les qualités de la première et les défauts de la seconde. Le scénario alterne brutalement entre des passages audacieusement bien pensés, et le reste du temps bancals. L’écriture, tout aussi inégale, gâche un peu le plaisir de la lecture. (mais comme je suis une petite guimauve : je suis heureuse d’avoir pu cheminer encore un peu avec les protagonistes, et que leurs trajectoires connaissent une happy end). Fait notable : je ne saurais pas dire ce que ça vaut, puisque je ne suis pas moi-même concernée par la question, mais un des personnages centraux de l’intrigue, et un beau personnage, est transgenre FtM.

3 : Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce, réflexions sur l’effondrement, de Corinne Morel-Darleux. Note : 4/5. Dans cet essai assez personnel, Corinne Morel-Darleux fait part de ses ressentis et questionnements sur les comportements à adopter face aux désastres sociaux et écologiques à venir. J’ai aimé les quelques références littéraires, convoquées en fil rouge tout au long de l’essai ; elles alimenteront probablement mes interrogations sur notre société, et notre rapport au vivant. Si en attendant mes fiches de lecture (verront-elles vraiment le jour, un jour ?) vous voulez lire une chronique assez complète sur cet essai, je vous conseille l’article rédigé par La Nébuleuse à ce propos, qui explique tout ça en 10 (100 ? 1000 ?) fois plus développé et représentatif de l’ouvrage que moi.

4 : La maison dans laquelle, roman fantastique de Mariam Petrosyan. Note : 3/5. Mille fois plébiscité dans la sphère bookstagram, pour ce roman je me suis déplacée à la librairie la plus proche (1h de route), afin de l’avoir en chair et en os en encre et en papier dans les mains. J’espérais un livre épais, qui m’aurait tenue en haleine et nourrie pendant des heures ; malheureusement, il s’est plutôt révélé être une brique indigeste qui m’est restée en travers de la gorge. L’écriture décrivant la vie de la Maison (pensionnat pour jeunes adolescents en situation de handicap) est superbe, mais – effet peut-être recherché ? – le récit semble volontairement s’engluer vers une fin morose et plate, quasi-annoncée. 0 suspense ou tension dramatique. J’ai plus eu l’impression de lire un exercice de style… mais qui ferait plus de 1000 pages… écrites en tout petit.

5 : Ce qu’il faut de terre à l’homme, BD de Martin Veyron, adaptée d’une nouvelle de Tolstoï. Note : 5/5. Lue par hasard (mais très à-propos) chez l’agricultrice à qui je donne un coup de main une fois par semaine. Cette bande dessinée raconte comment un petit paysan russe, victime de la folie des grandeurs, se transforme en grand propriétaire terrien désireux de posséder toujours, et toujours plus de terres. Une fable dont la morale (en forme de chute assez… brutale et renversante) est là pour nous rappeler l’humilité. À moi qui me projette souvent dans la construction d’un havre de paix sur un terrain agricole, et refuse d’avoir moins de 1 ha (10 000 mètres carrés = dérisoire pour un agriculteur, mais énorme pour un particulier)(reste à savoir dans quelle catégorie je veux me situer dans le futur, ah ah) cette lecture a été pour moi un mémento au goût amer – mais peut-être salvateur ?

6 : Sang d’Encre, tome 2 d’une trilogie fantasy jeunesse, de Cornelia Funke. Note : 4/5. Une jeune fille et son père ont le pouvoir de donner vie aux romans qu’ils lisent à voix haute… pour le meilleur et plus souvent, le pire. Le premier tome, Cœur d’Encre, est un best-seller de la littérature jeunesse que j’ai lu il y a à peu près… 15 ans ! C’est mon ex-stagiaire (quand j’étais encore jeune cadre dynamique) devenue amie (quand j’ai cessé d’être payée à glandouiller derrière un ordinateur, donc) qui m’a encouragée à me replonger dans cette trilogie. Elle a eu raison : j’ai passé un très bon moment dans cette histoire qui parle d’histoires. Le petit plus : ce roman questionne la narration des romans fantasy, qui souvent relègue le commun des mortels dans l’ombre, et ne montre que des figures romanesques « privilégiées » : rois, reines, princesses et chevaliers… (j’en reparlerai parce que pour moi, c’est une vraie question).

Les romans qui me font très envie en ce moment (peut-être même suffisamment envie pour faire 1h de route jusqu’à la librairie) : Là où le feu et l’ours, de Corinne Morel-Darleux – Tout ce que dit Manon est vrai, de Manon Fargetton – Moi les hommes, je les déteste, de Pauline Harmange – Aux endroits brisés, de Pauline Harmange – Celle qu’il attendait, de Baptiste Beaulieu. Ceux que je veux emprunter à la bibliothèque : Les racines du ciel, de Romain Gary – Tristes tropiques, de Claude Lévi-Strauss (même si j’ai récemment appris que ce monsieur, bien dans son époque, était ouvertement misogyne et homophobe ?) – et n’importe quel livre de Jean Giono qui parlerait de Provence. (J’ai de très beaux souvenirs en Provence)

PS : pour conclure, et pour me lancer des fleurs (ou des choux-fleurs miam) quelques secondes, je suis très contente de l’image d’en-tête de cet article, qui mixe des éléments de chacun des romans présentés. C’était un test : j’ai essayé de réaliser un dessin sans trop de contours, avec une palette de couleurs réduites, et le résultat me plaît beaucoup !

6 réflexions sur “Lectures juin-juillet-août 2021

    • Bonjour merci à toi aussi d’être passée par ici ^^ ceci dit je suis curieuse : est-ce que tu as reçu une notification du fait que j’ai cité ton blog dans l’article ? Comment ça marche ? (j’ai beau être pas trop vieille, je suis une mamie niveau internet) Et puis merci pour ton blog aussi, je ne me suis pas encore « déclarée » dessus parce que je n’ai pas lu tes derniers articles (très bientôt !), mais avec la Lune Mauve et quelques autres, tu es l’une de celles qui m’ont donné envie d’ouvrir ce site quand j’ai redécouvert les blogs il y a quelques mois 🙂
      À bientôt !

      Aimé par 2 personnes

  1. Salut Louise ! Quelle joie de découvrir tes nouveaux billets et illustrations ! Je peux tout à fait comprendre ton disclaimer anti-élitisme au début (+100), mais aussi ton envie de chroniquer tout ce qui te passe entre les doigts.

    C’est une tâche difficile… Pour ma part, après des années de lutte à essayer de faire de mon blog un compte-rendu exhaustif de mes découvertes et lectures, j’ai fini par me rendre à l’évidence que je n’y arrive pas, et me réjouis de publier de temps en temps une sorte de « digest », c’est-à-dire une sélection de ce qui m’a vraiment marquée.

    Cela veut dire que je laisse pas mal de choses de côté, et mon cœur saigne à cette seule pensée car dans l’absolu j’aimerais *tout* partager, mais c’est humainement impossible pour moi parce que j’écris tout simplement trop.

    Mais depuis quelques mois je me demande si mon prochain Post Mortem ne sera pas justement une suite de mini chroniques, 2 ou 3 phrases max par œuvre, et basta. Le problème, c’est que mon cœur saigne aussi en imaginant devoir me restreindre à ce point… 🙃

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    • Hello, merci pour ton passage par ici ! En ce qui concerne les compte-rendus sur le blog, j’avoue ne vouloir m’en tenir qu’aux livres. Cela me permettrait d’une part de discutailler sur mon amour de la littérature jeunesse, d’autre part de résumer quelques lectures (socio par exemple) qui font avancer ma vision du monde… Mais tu as raison, même comme ça, je pense que je vais galérer à tout chroniquer ^^ Sinon j’aimerais bien mettre en place, juste pour moi irl, un classeur dans lequel je rangerais quelques notes de tout ce que je lis/écoute/regarde mais je n’arrive pas à m’y mettre car ça me paraît absolument colossal ! À ce propos, j’avais lu https://www.hypothermia.fr/2021/03/der-zettelkasten/ (grâce à un lien que j’avais trouvé, hmmm, voyons voir… sur ton blog, probablement ! :D)(9 chances sur 10) qui m’avait hyper inspirée/intéressée.

      Je crois qu’il nous faut se faire une raison et nous dire que 2-3 phrases, c’est déjà pas si mal, ou en tout cas mieux que rien ><
      En tout cas, même accompagnés de seulement 2-3 phrases, moi je suis ravie de lire les partages des personnes ou blogs que j'aime bien ! 🙂

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